Nicolas Sarkozy ou le mépris du monde

Publié le par webmasters94

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Par Edwy Plenel

Mediapart.fr

 

Qui arrêtera cette présidence ? A cette question, posée avec entêtement par Mediapart tant ce pouvoir nous semble un cocktail explosif de régression et de prétention, d'archaïsme et d'absolutisme, d'aveuglement et d'affolement, la semaine écoulée apporte une curieuse réponse. La perdition de ce président, ce sera peut-être lui-même, tout simplement. Et la faille de cette présidence, sa propre démesure. A force d'ignorer les limites qui font un pouvoir contenu, équilibré et partagé, la République de Nicolas Sarkozy avance toujours au risque d'elle-même, de ses humeurs et de ses foucades, de ses obsessions et de ses excès. Faute de contrepoint, de bornes ou d'entraves, sa liberté est un laisser-aller où s'égarent l'esprit de responsabilité et la conscience de la fonction. Plus il se renforce, s'aggrave et s'exacerbe, plus ce présidentialisme-là s'isole et s'enferme, perdant le sens des mesures et des réalités, des visions hautes et des paroles élevées.

 

Comment analyser autrement l'énervement de son entourage depuis que Ségolène Royal s'en est allée porter le fer de la contradiction, du démenti et du pardon à Dakar ? Et quel autre enseignement tirer de la panique qui saisit séides et courtisans depuis que Libération a montré ce président tel qu'en lui-même, lors d'un déjeuner avec un groupe de parlementaires ? Un président vantard et orgueilleux, aussi superficiel dans ses analyses qu'il fut péremptoire dans ses jugements envers ses collègues étrangers, de Barack Obama à Angela Merkel en passant par José Luis Zapatero. Tout comme il avait été inconscient et léger lors de ce calamiteux discours de 2007 dans la capitale sénégalaise, à la fois condescendant et paternaliste, empreint de cette bonne conscience qui fait les esprits supérieurs et suffisants.

 

Notre vie publique est si dominée par cette hyperprésidence que cette double histoire – le discours de Royal, les confidences de Sarkozy – devient l'affaire politique du moment. Ségolène Royal a saisi l'occasion du déjeuner et de ses bavardages pour poursuivre son offensive dakaroise, contestant à Nicolas Sarkozy le droit d'exprimer ainsi la France, toute la France, par l'adresse d'excuses personnelles au premier ministre espagnol. Entre-temps, l'Elysée avait reçu l'opportun soutien d'une signature de la presse classée à gauche, le fondateur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, qui, dans une tribune confiée au Monde, décerne au chef de l'Etat un inattendu brevet d'anticolonialisme. Enfin, l'UMP, après avoir accusé Royal de « déshonorer notre pays » (Yves Jégo), s'en prend à la presse qui « abîme l'image de notre pays » (Frédéric Lefebvre), reprochant à Libération d'être devenu un vulgaire « tract » d'opposition.

 

Entre forme et fond, liant indissolublement l'une à l'autre, cet épisode est un révélateur, à la manière d'un fait divers de la vie publique : anecdotique en partie, il n'en éclaire pas moins l'essentiel. Trois questions sont ici imbriquées : la représentation de la France, la compréhension du monde, l'expression de l'opposition.

 

Les 3 chapitres suivants s'intitulent :


- La représentation de la France

- La compréhension du monde

- L'expression de l'opposition


L'intégralité de l'article semble accessible     ICI



C'est tout un programme que l'on peut résumer par une de ses dernières phrases :


"Sauf à revenir aux monarchies de droit divin, dont le renversement fit nos républiques, jamais la France ne se résumera à l'occupant provisoire de son palais élyséen"

Heureusement que nous avons une telle équipe de vrais jounalistes, car les instances dirigeantes du P.S. sont assez peu audibles, que ce soit sur ce sujet ou sur les actions du président en général
 qui mériteraient un feu roulant et permanent de contre-attaques.

 

 

Publié dans Résister

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