Ecologie

Jeudi 19 juin 2008

Il doit vanter la semaine prochaine le projet de canal reliant la mer Morte à la mer Rouge, au grand dam des écologistes.


Nicolas Sarkozy en Egypte en décembre 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

Nicolas Sarkozy aime bien la mer Rouge, il est allé s'y promener en décembre avec son jet Bolloré et sa fiancée Bruni. Il aime aussi les voyages d'affaires, lorsqu'il part à l'assaut des marchés étrangers, traînant dans son sillage des nuées d'industriels. Lundi, il aura l'occasion de conjuguer ses deux plaisirs, en participant au lancement du "canal de la paix", cher au président israélien Shimon Peres et au milliardaire Yitzhak Tshuva. Un gigantesque projet de canal mer Rouge-mer Morte que les écologistes jugent "irresponsable".

Selon Gidon Bronberg, directeur des Amis de la Terre Moyen-Orient, que nous avons joint à Tel Aviv, la France est dans cette affaire complètement schizophrène:

"D'un côté, Nicolas Sarkozy est le seul chef d'Etat à participer au démarrage de ce projet, qui aura des conséquences très sérieuses sur l'environnement. Il ne vient pas seul, mais avec des tas de responsables d'entreprises. De l'autre, la France a versé trois millions de dollars pour participer à une étude de la Banque mondiale sur la faisabilité du projet, étude qui ne fait que débuter et qui doit durer deux ans… Et cette étude peut très bien conclure que le projet doit être évité! Où est la cohérence?"

"A mi-chemin entre la folie hôtelière de Dubaï et l'horreur kitch de Las Vegas"

Le canal doit courir sur 200 kilomètres, le long de la faille du Rift. Selon Gidon Bronberg, le mélange des eaux risque de profondément affecter l'écosystème de la mer morte. Certains coraux du golfe d'Aqaba, où l'eau sera prélevée, pourraient également pâtir du projet. Par ailleurs, la création de lacs artificiels sur le trajet risque d'accroître l'évaporation de l'eau dans cette région désertique:

"Ce n'est pas une plaisanterie. On parle là de sujets très sérieux, qui doivent être étudiés avec soin."

Le projet, pharaonique, coûtera cinq milliards de dollars, et sera en partie financé par les grandes organisations internationales. Il prévoit l'ouverture de 200 000 chambres d'hôtels (plus qu'il n'en n'existe en Israël actuellement!), la construction de centrales hydroélectriques (la mer Rouge domine la mer Morte de 420 mètres) et d'une station de désalinisation, destinée à fournir de l'eau potable aux riverains.

Le projet est présenté par ses promoteurs comme une œuvre indispensable tant à la paix qu'à l'environnement. A la paix d'abord, car il est soutenu à la fois par Israël, l'autorité palestinienne et la Jordanie, qui travailleront ensemble à sa réalisation. A l'environnement, ensuite, parce que le canal vise à éviter un assèchement total de la mer Morte. Le niveau de celle-ci baisse d'un mètre par an, en partie à cause des opérations d'irrigations menées le long du Jourdain, le fleuve qui l'alimente.

Ne rien faire conduirait à la disparition de la mer Morte


L'étude de la Banque mondiale doit soupeser les avantages et les risques de cette opération gigantesque, mais les industriels et les gouvernements sont pressés de donner le premier coup de pioche. Pour les "amis de la terre", ce canal est surtout une affaire de (très) gros sous; mais ils peinent à convaincre les opinions de la justesse de leur cause. Car si leur objectif est de préserver de l'écosystème local, l'inaction est une alternative pire encore, puisqu'elle conduira à l'assèchement de la mer morte. Un chroniqueur du journal Haaretz
juge ainsi durement les écologistes récalcitrants:

"Les opposants au projet sont un peu comme une personne qui refuserait qu'un de ses proches mourant soit opéré sous prétexte que cela risquerait de laisser une cicatrice."

Ce que les amis de la terre contestent aussi, c'est la philosophie générale du projet: il prévoit des casinos, un parc pour safaris et autres bases de loisirs dans un désert resté sauvage depuis la nuit des temps. Un esprit, disent-ils à mi-chemin entre les folies hôtelières de Dubaï et les horreurs kitch de Las Vegas. "Ce que nous demandons, déclare Gidon Bronberg, c'est que toutes les conséquences du projet soient très soigneusement soupesées, ce qui est loin d'être le cas."

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Dimanche 10 février 2008
D'un côté, le chaud

Interdiction du maïs OGM MON810 : satisfaction de José Bové

Le leader altermondialiste José Bové a exprimé sa satisfaction après l'interdiction officielle de la culture du maïs OGM MON810, la seule qui était autorisée en France. Un arrêté du ministère de l'Agriculture paru au Journal Officiel samedi indique que "la mise en culture, en vue de la mise sur le marché des variétés de semences de maïs issues de la lignée de maïs génétiquement modifié MON810 (...) est interdite sur le territoire national". (Ouest France)

De l'autre, un aveu d'impuissance, d'indécision de notre gouvernance face aux lobbys.. Et puis, les Municipales, n'est-ce pas?

La loi sur les OGM bien secouée par les sénateurs
 
 
 
Les sénateurs ont adopté, vendredi, en première lecture le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés, première confrontation du Grenelle de l’environnement aux parlementaires. Retour sur trois jours de débats riches et animés.
Esprit Grenelle, es-tu là ?

C’était la grande bataille d’interprétation grenellienne vendredi soir. Pour le sénateur vert Jacques Muller, c’est clair. «Le Grenelle a été abattu en plein vol : on est passé de la liberté de produire et de consommer sans OGM à celle de consommer "avec ou sans OGM"… comme s’il n’y avait pas une dissymétrie entre ces cultures !» Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, affirmait en concluant les débats que le texte était «dans l’esprit du Grenelle» : «Je suis navré de dire, à ceux qui ont essayé de mettre en scène un conflit, que je n’ai rien trouvé d’autre dans nos discussions que des interrogations et des différences d’appréciation.» Pourtant, le socialiste Jean-Marc Pastor a noté «à neuf reprises un désaccord entre le groupe majoritaire et le gouvernement». De fait, pendant trois jours, Jean-Louis Borloo et sa secrétaire d’Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet, n’ont guère reçu de soutien des sénateurs UMP, surtout après le départ de Jean-François Le Grand (Libération de vendredi). L’UMP Dominique Braye a résumé ainsi sa vision du Grenelle : «On a donné une tribune et une audience à des gens qui ne représentent pas grand-chose, et ils ont cru que le Parlement se contenterait d’être une chambre d’enregistrement !» Il n’y a pas qu’eux qui l’ont cru : Nicolas Sarkozy a toujours affirmé que les engagements du Grenelle seraient tenus…

Que reste-t-il du projet ?

Lors du débat, plusieurs dispositions majeures aux yeux du gouvernement ont été votées : le droit de produire avec ou sans OGM donc ; le mode de saisie du Haut conseil ; la transparence des implantations OGM à la parcelle (et non plus au niveau cantonal). Un amendement défendant les apiculteurs a même été intégré. Mais le gouvernement a dû aussi céder sur des points clés, en laissant passer le délit de fauchage, promu par le rapporteur UMP du texte Jean Bizet, ou le détricotage de l’équilibre scientifiques/société civile au sein du Haut conseil. Sur ce dernier point, Borloo a déjà prévenu qu’il reviendrait à la charge lors des prochaines lectures.

Prochaine étape, l’Assemblée nationale, où le texte devrait être discuté début avril. A en juger par les propos, très pro-OGM, tenus par plusieurs députés UMP, et notamment par le président Bernard Accoyer, la partie ne sera pas facile non plus pour le gouvernement. Mais les municipales seront passées par là et auront peut-être chamboulé les équilibres.

Et dans les champs ?

D’ici là, il n’y aura pas de culture commerciale en France au printemps : la procédure de clause de sauvegarde doit être notifiée à Bruxelles avant lundi et l’arrêté de suspension (sans date limite) du maïs Mon-810, le seul OGM autorisé, doit être publié ce samedi au Journal officiel. Le ministre de l’Agriculture a en revanche souhaité que des essais scientifiques en plein champs puissent reprendre dès cette année.

GUILLAUME LAUNAY
LIBERATION : samedi 9 février 2008
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Mercredi 6 février 2008
«Pourquoi cherche-t-on tant à développer les OGM?  Est-ce vraiment une nouvelle révolution verte ou de la poudre aux yeux ?»
Après l'activation de la clause de sauvegarde, Pierre Rainelli, économiste et ancien directeur de recherche à l’INRA, critique, études à l'appui, la course à la productivité du
«complexe agro-industriel» français.
Il est  l’auteur de
L’agriculture de demain, gagnants et perdants de la mondialisation (2007, Le Felin).

Pierre Rainelli. «On vient de le voir, le débat sur les OGM reste dominé par les peurs et les réactions épidermiques. D’un côté, la peur de toucher au génome, de toucher à la vie. Les craintes pour la sécurité alimentaire ou la dissémination. De l’autre côté, la peur de
rater le train de la productivité, et de décrocher économiquement. J’ai écouté attentivement José Bové, et je constate qu’il n’aborde plus, ou très peu, le problème de la sécurité alimentaire, mais qu’il met en avant les problèmes environementaux. On a désormais plus d’éléments sur les conséquences d’une dissémination – notamment pour l’agriculture biologique d’avoir des gênes qui touchent les produits bio.
Mais les questions centrales sont souvent éludées. Pourquoi finalement cherche-t-on tant à développer les OGM? Est-ce que c’est un vrai progrès économique? Est-ce vraiment une nouvelle révolution verte ou de la poudre aux yeux ?»

« Les OGM sont d’abord l’affaire des pays riches. Plus de la moitié des plantes génétiquement modifiées se trouvent aux Etats-Unis. Devant l’Argentine et le Brésil. Une étude faite aux Etats-Unis, en 2006, pour le compte du ministère de l’Agriculture américain a révélé que l’introduction des OGM avait eu des conséquences mitigées pour les agriculteurs. Les producteurs de soja, seuls, y ont trouvé un gain de productivité. Concernant les pays en développement, les résultats positifs des premières années, semblent s’estomper les années suivantes. Une étude sur 481 paysans chinois menée en 2006 par l’université américaine Cornell en partenariat avec l’académie des sciences chinoise montre que l’utilisation du gêne Bt (qui contient un bacille toxique pour certains insectes) dans la culture du coton s’est avérée efficace les trois premières années. Les exploitants ont utilisé 70 % de pesticides en moins que leurs homologues conventionnels, et ils ont eu un revenu supérieur de 36 %. Par la suite, les utilisateurs de semences
Bt ont dû mettre autant de pesticides que les autres. Compte tenu du coût trois fois plus élevé des semences, leurs revenus ont finalement baissé de 8 % par rapport aux exploitants non Bt. Ces conclusions – sur des études limitées dans le temps - concernent les OGM de première génération, auxquelles vont peut être remédier les semenciers.

Par leur filiation chiraquienne, les agriculteurs ont été habitués à être entendu. Et il ne fait guère de doute qu’ils s’estiment trahis aujourd’hui par l’activation de la clause de sauvegarde. Pour eux l’urgence, c’est la productivité. Pourtant avec 22.000 hectares de champs de maïs OGM, on peut estimer à quelques centaines seulement les agriculteurs concernés. Mais c’est qu’au delà de ces derniers, les semenciers, les organisations agricoles, le secteur coopératif sont impliqués dans les OGM – en amont et en aval. On pourrait parler d’un complexe agro-industriel comme du complexe militaro-industriel… L’achat des semences et des produits phytosanitaires place, en outre, les producteurs en état de dépendance.

Peut être qu’au lieu de voir son avenir sur les marchés internationaux, de chercher à concurrencer l’Argentine ou les Etats Unis, l’agriculture française pourrait chercher un nouveau souffle dans les produits bio. Il faut trouver des raisonnements plus économiques
et plus prospectifs.»

Betapolitique | 6 février 2008 | Contre journal

Voir en ligne : OGM: les études et le débat éludés

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Mercredi 6 février 2008

C’est un sénateur UMP de la Manche, vétérinaire de profession, qui a présidé l’intergroupe OGM du Grenelle de l’environnement, puis la Haute Autorité provisoire sur les OGM. Pour Jean-François Le Grand, «pour que la parole ne soit plus confisquée, le Grenelle a proposé une logique de connaissance et de gouvernance». Des principes qui se retrouvent dans le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés discuté à partir de cet après-midi au Sénat. Le projet transcrit dans le droit français une directive européenne de 2001, tout en incluant les conclusions du Grenelle, et devrait enfin encadrer les cultures OGM.

Pourtant, au groupe UMP du Sénat, on dit que Le Grand a «été piégé», qu’il s’est un «peu isolé». Car un autre sénateur UMP de la Manche, vétérinaire lui aussi, est rapporteur du projet de loi. Jean Bizet a déposé une cinquantaine d’amendements dont certains modifient substantiellement le texte, dans un sens plus favorable aux «biotechnologies végétales». Son objectif : «Ramener le problème à sa juste proportion, car on a diabolisé ce sujet.»

Le débat sur les OGM ne divise pas que l’UMP. «Si tout le monde râle, c’est que le projet est bon…», dit-on en souriant dans l’entourage de Jean-Louis Borloo. Au PS, il a fallu concilier pro et anti. «La position, c’est oui à la science, en la séparant de la question agricole, explique le sénateur du Tarn Jean-Marc Pastor. Si c’est pour verrouiller un agriculteur à un semencier, nous nous y opposerons Au gouvernement, le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, qui défend la loi, n’est pas vraiment sur la même ligne que Michel Barnier, à l’Agriculture. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a arbitré en faveur du premier. Mais les sénateurs ont bien l’intention de «dire ce qu’ils ont à dire», assure-t-on, bravache, à l’UMP. Décryptage des points sensibles d’un débat qui promet d’être animé.

Pouvoir cultiver sans ogm ?

Une phrase écrite noir sur blanc dans les conclusions du Grenelle avait ravi les associations de défense de l’environnement : «Libre choix de produire et de consommer sans OGM». Passé à la moulinette administrative, le projet de loi énonce la«liberté de cultiver avec ou sans OGM», soulignant la possibilité de la coexistence. Jean Bizet, lui, propose de réécrire ainsi l’article : «La liberté de cultiver des OGM destinés à l’alimentation ou de ne pas le faire est garantie.» Bref, une inversion de la logique. Car la disparition du «sans OGM» n’est pas neutre. «Supprimer ce "sans" c’est une manière habile d’éviter la question du seuil, décode Jacques Muller, sénateur vert du Haut-Rhin. On n’est plus dans l’esprit des textes européens. La loi doit protéger le faible.»

Qui sera responsable ? Qui paiera ?

C’est la question qui se profile derrière celle du seuil : qui paie en cas de présence d’OGM fortuite ? Selon le projet de loi, si un agriculteur bio ou conventionnel se trouve obligé de vendre une récolte comprenant des OGM, c’est «l’exploitant agricole mettant en culture une variété génétiquement modifiée [qui] est responsable du préjudice économique [lié à] la dépréciation du prix du produit». Les exploitants d’OGM sont donc obligés de «souscrire une garantie financière couvrant leur responsabilité». Sauf que les assureurs ne se précipitent pas : la profession ne proposera des offres qu’à «condition qu’elle dispose de modèles statistiques lui permettant de quantifier le risque». Bref, il y a un peu trop d’incertitudes. «Si les assureurs ne viennent pas, il n’y aura aucun OGM», glisse-t-on au ministère de l’Ecologie. Ce que refuse Jean Bizet, pour qui «on ne peut pas laisser les agriculteurs dans ce vide». Le sénateur prévoit d’organiser (en dehors de la loi) un fonds professionnel assez complexe, basé sur la compensation en grain et en argent.

Quel niveau de transparence ?

«La transparence totale, compte tenu du climat actuel, ça peut être dangereux», s’inquiète Philippe Gracien, du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis). La loi prévoit en effet une transparence à la parcelle, là où le registre actuel ne donne les localisations qu’à l’échelle du canton. D’où le «donnant-donnant», proposé par Jean Bizet. En échange de la transparence complète, le sénateur UMP propose de créer un «délit de fauchage». «Inacceptable, prévient le vert Jacques Muller. La loi est déjà fournie en matière de destruction de bien. D’ailleurs, les faucheurs ont toujours accepté leur peine.»

Quelle autorité compétente ?

Le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM, né en décembre, a déjà traversé une zone de turbulences après son premier avis qui a conduit à la suspension du maïs Mon 810 (Libération du 11 janvier).

Jean Bizet en conclut donc qu’il faut séparer dans ce comité (devenu un Haut Conseil «qui ne décide pas»), les scientifiques de la société civile. «Au contraire, il faut faire se confronter l’expertise scientifique et sociétale, souligne Jean-François Le Grand. Il faut se parler. Il ne faut pas répéter des erreurs en allant trop vite.»


Guillaume Launay
LIBERATION : mardi 5 février 2008


Nous sentons, au détour de l'examen de cette loi demandée par la Commission de Bruxelles, que semenciers, céréaliers et Monsanto piaffent d'impatience..
Et, au détour de l'information, apprenons que M.Fillon autorise cette année la culture des OGM pour "étude"..
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Lundi 28 janvier 2008
Vue aérienne, le 13 décembre 1999, de la partie arrière du pétrolier maltais

AFP/Marine Nationale/Archives ¦ Vue aérienne, le 13 décembre 1999, de la partie arrière du pétrolier maltais "Erika", avant qu'elle ne sombre

 

L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé son intention de faire appel du jugement intervenu dans l'affaire de l'Erika, suite à l'annonce par la compagnie Total qu'elle allait faire elle-même appel.

«Après le responsable mais pas coupable, Total invente le solvable mais pas responsable», souligne Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France, dans un communiqué.

Il fait valoir que «Total fait appel pour tenter d'échapper à la responsabilité pénale, ce qui revient à vouloir protéger l'activité des affréteurs» et refuser de «laisser progresser la sécurité maritime».

Un appel jugé «scandaleux»

Le jugement «était une première dans un milieu volontairement opaque et qui organise son irresponsabilité juridique grâce à des sociétés écrans, des pavillons de complaisance», note-t-il encore, jugeant «scandaleux» l'appel interjeté par Total.

La décision de Greenpeace d'interjeter à son tour appel «est la réponse du berger à la bergère», ajoute Yannick Jadot. Il précise que «Greenpeace profitera de cet appel pour faire reconnaître son préjudice à sa juste valeur». Greenpeace France doit recevoir 30.000 euros d'indemnisation au titre du préjudice écologique subi.

Batz-sur-Mer aussi fait appel

L'organisation écologique n'est pas la première à faire appel sur le banc des parties civiles. Samedi, c'est la commune de Batz-sur-Mer qui avait annoncé sa décision de faire appel du jugement. «La maire de Batz-sur-mer, Danielle Rival, veut obtenir en appel une augmentation de la réparation pour bénéficier du préjudice écologique», a déclaré à l'AFP son avocate, Corinne Lepage.

Les 14 communes qu'elle représente dans cette affaire ont obtenu des indemnités allant de 500.000 à 1,5 million d'euros, mais seulement «pour l'image de marque». Et si le tribunal a «affirmé le principe du préjudice écologique», il n'a «pas accordé un centime aux communes» pour cette raison, a regretté l'ancienne ministre de l'Environnement.

Batz-sur-Mer est, selon elle, la première commune à faire appel de la décision de justice. «La maire en fait une question de principe», a souligné l'avocate. Les autres communes pourraient suivre.

Elles s'ajouteraient alors à la liste des parties civiles qui font appel, comme la Confédération maritime et l'ex-navigateur Jo Le Guen.



C. L. Avec agence - 20Minutes.fr

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Dimanche 27 janvier 2008
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AFP
Jean-Pierre Mignard, l'avocat des Régions. : AFP
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Si les parties civiles touchent les indemnités de Total, elles ne pourront pas participer à l'appel. Ni même s'exprimer devant la cour. D'où les réactions hostiles des Régions touchées par la pollution.

 

Me Jean-Pierre Mignard, l'avocat des Régions au procès de l'Erika : «Je doute que les collectivités acceptent le troc qui leur est proposé: des indemnisations contre leur silence. »

Jacques Auxiette, président des Pays de la Loire: « Nous ne voulons pas nous faire acheter. Le jugement du 16 janvier est exemplaire. Nous participerons à l'appel. Si possible en essayant d'être encore plus forts et plus unis.»

Jean-Yves Le Drian, président de la Bretagne : « L'essentiel, c'est le fond, d'autant plus que les réparations sont assez symboliques pour Total. La grande avancée de ce procès, c'est la reconnaissance du préjudice moral et écologique. Ce jugement a manifestement touché au coeur puisque Total se rebiffe. Nous poursuivrons... »

Jacques Fraisse, maire de Talmont-Saint-Hilaire (Vendée): « Total essaie de s'en sortir, pour son image. On va voir avec nos avocats ce qu'on va faire. Mais si l'appel est l'occasion d'obtenir plus, cela peut être intéressant: par rapport aux dégâts pour la commune, on a obtenu 300 000 €, on demandait 1,5 million. »

Qui fait appel? Le Tribunal de Paris attend lundi soir, pour faire le point. C'est la date limite pour que les condamnés fassent appel. Le Rina (société de classification des navires) en a manifesté l'intention. Pas de nouvelles du côté de l'armateur, Guiseppe Savarese, et du gestionnaire, Antonio Pollara. Chez les parties civiles, certaines associations, déboutées par le jugement, ont affirmé qu'elles feraient appel. Mais elles disposent d'un délai supplémentaire de cinq jours.

Ouest France
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Jeudi 17 janvier 2008
Maître Daniel Soulez-Larivière considère que la condamnation n'est pas régulière juridiquement car le groupe pétrolier n'a pas de fonction de contrôle sur les navires affrétés. Il réclame une réunion pour étudier les conséquences du jugement rendu mercredi.

Maître Daniel Soulez-Larivière (Sipa)

Maître Daniel Soulez-Larivière (Sipa)

Peu après le verdict qui a condamné la société Total pour la pollution provoquée lors du naufrage du pétrolier Erika en 1999, l'avocat du groupe a appelé, jeudi 16 janvier, à une réunion entre toutes les sociétés pétrolières pour examiner les conséquences du jugement de ce procès. Il estime la condamnation injuste.
Daniel Soulez-Larivière a déclaré qu'il conseillerait à son client de faire appel mais que la décision n'était pas prise car les dirigeants de Total veulent examiner profondément le jugement au préalable.
Un porte-parole de Total a pour sa part déclaré : "On souhaite prendre le temps d'étudier le jugement dans le détail et on se prononcera sur un appel dans les prochains jours."

"Tout le monde va applaudir"

"Tout le monde va applaudir. Savoir si c'est juste, je dis non en ce qui concerne la société que je représente. Savoir si c'est un jugement conforme à l'intérêt général, je ne pense pas", a déclaré l'avocat de Total après le verdict.
"En tous cas il va falloir se mettre avec toutes les compagnies pétrolières autour d'une table pour savoir quelles sont les conséquences de ça, puisque la France va être très singulièrement unique dans sa façon d'appréhender le transport maritime", a-t-il ajouté.
Il maintient que la condamnation n'est pas régulière juridiquement car selon lui Total n'a pas de fonction de contrôle des navires affrétés et n'a pas les possibilités techniques de le faire.
"Imprudent, évidemment, une fois que le navire a coulé, on peut dire que c'est imprudent. Mais nous n'avions pas d'éléments à l'époque, nous l'avons toujours dit et ce n'est pas contredit pas le tribunal pour savoir que (l'Erika) était corrodé à un point qu'il allait subir ce sinistre", a-t-il dit.

"Un contournement des règles"


"Le tribunal a contourné le droit", dit-il. "Il y a là une sorte de contournement des règles qui fait que ce qui était vrai avant n'est plus vrai aujourd'hui".
"Le problème de l'intérêt général est de savoir, quand le droit est dans cette incertitude, ce que ça donne. Je pense, puisque le tribunal nous met sur le même plan que toutes les autres compagnies pétrolières, qui n'auraient pas fait mieux, il va falloir effectivement dire comment est-ce qu'on fait maintenant", a-t-il expliqué.
"C'est une reconstruction du système qu'il fait. Si on ne distingue pas les fonctions de contrôle des fonctions d'utilisation, on se trouve dans des situations propices à l'insécurité", conclut-il. 


NOUVELOBS.COM | 17.01.2008 | 09:32 (avec Reuters)


L'avocat de Total est un triste sire et fidèle à son client..
Je pourrais lui rappeler que Exxon avait été condamné à 6 milliards de dollars d'indemnités pour la pollution en Amérique du Nord..  La somme demandée à Total et l'armateur de l'Erika est bien peu de chose en comparaison..

En plus de travailler dans et avec des nations très démocratiques comme la Birmanie, le Nigeria et d'autres, Total aimerait se permettre de polluer sans ambages? 
Rappelons-nous, à la triste époque de l'Erika, le nombre de bénévoles en Bretagne, Vendée et Charentes et les soldats qui s'étaient relayés jour et nuit pour nettoyer cette saloperie de marée noire, rappelons-nous les sommes dépensées par les communes, Conseils Généraux et Régionaux pour queles touristes puissent profiter de la côte et des plages, rappelons-nous de ce que le tourisme a souffert cette année-là...
Rappelons-nous cet appel au boycott de Total....

Et venons-en au prix de l'essence aujourd'hui.. Les distributeurs élèveraient leurs marges ces jours-ci alors que Christine Lagaffe leur avait enjoint de ne pas le faire. On voit que le gouvernement est écouté... 
Cela promet pour notre pouvoir d'achat!
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Lundi 14 janvier 2008

Le Grenelle de l'Environnement semble déjà loin, et nous avons déjà pu nous en assurer, et nous en apercevoir encore aujourd'hui, en assistant sur la lutte sans merci que se livrent d'un côté la FNSEA, Monsanto et certains élus UMP (Municipales obligent!) et les associations écologistes à propos du maïs OGM...

Ce Grenelle est aussi à l'origine du bonus/malus sur les voitures polluantes. Soit. L'idée semble généreuse, et l'on se prétait à rêver d'une atmosphère plus légère et moins odoriférante dans nos villes..
Mais voilà, ce bonus/malus annoncé à grands renforts de reportages et d'articles n'est pris en compte qu'à partir des rejets en CO2. 
Tout le monde sait que le rejet en CO2 des moteurs diesels est bien moindre que ceux des moteurs essence... Mais, qu'ils sont reconnus pour leur rejets de particules sanitairement très dangereuses... Vous me direz que çà donne du travail aux kinés avec les bronchiolites...

Les concessions automobiles ont bien vu la faille et l'intêret, et, vu que ce bonus/malus ne commençait qu'au 1er janvier 2008, ils ont matraqué les ventes sur les grosses voitures et 4x4 les plus polluants pendant les fêtes de Noël. Souvent des voitures étrangères, ce qui bien entendu n'arrange pas notre balance commerciale...
Et depuis cette date, nos constructeurs font chou gras de leurs modèles diesel, au grand dam des mêmes assciations écologistes... 


Jean-Do

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Samedi 12 janvier 2008

La France a décidé hier soir de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM « MON810 ». Elle engage ainsi auprès de l’Union européenne la clause de sauvegarde.

En suspendant la culture du maïs OGM MON810, le gouvernement suit ainsi l’avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'« éléments scientifiques nouveaux » et de nombreuses interrogations autour de cette culture. Ce maïs, destiné à l’alimentation animale, était le seul OGM cultivé jusqu’à présent sur le territoire français. Il concernait 22.000 hectares en 2007 (moins de 1 % des surfaces de maïs). Matignon a annoncé dans la foulée « un plan sans précédent d’investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d’euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels ». 
Une promesse de Sarkozy en cas de doute
Le gouvernement a précisé qu’il engageait cette procédure de suspension « jusqu’à la réévaluation par les instances européennes de l’autorisation de commercialisation de cet OGM ». Monsanto, le géant américain de l’agro-chimie qui produit ce maïs, a désormais quinze jours pour présenter sa défense. La clause de sauvegarde est actuellement utilisée par six pays. Prévue dans une loi européenne de 1990 remplacée par un nouveau texte en 2001, cette clause permet d’interdire provisoirement la culture ou la vente d’un organisme génétiquement modifié, en invoquant un risque pour la santé et l’environnement. Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause « en cas de doute sérieux » sur le MON810.

Bové cesse sa grève
José Bové a annoncé dès hier soir qu ’ il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants, après l ’ annonce de l ’ activation par la France de cette clause de sauvegarde . « C ’ est ce qu ’ on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l ’ ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s ’ alimenter . » 

Le Télégramme de Brest


Et Maintenant, et ce pendant 15 jours, on va voir se démener Monsanto et la FNSEA..
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Vendredi 11 janvier 2008

 

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Archives Jean-Michel Niester
Le maïs transgénique Mon 810 a le pollen plus voyageur que prévu et peut polliniser des champs sans OGM, selon la Haute autorité. : Archives Jean-Michel Niester

La Haute Autorité sur les OGM a émis des « doutes sérieux » sur le maïs Mon 810. Y avait-il des faits nouveaux ? Explications.

Le Comité de préfiguration de la Haute Autorité (1) a, en moins d'un mois, rassemblé, analysé et discuté une quinzaine d'études scientifiques nouvelles consacrées au maïs Monsanto, le Mon 810, le seul cultivé en France et en Europe.

Une question lui était posée : y a-t-il des éléments scientifiques nouveaux, inconnus il y a dix ans lors de l'autorisation accordée à ce maïs qui produit son propre insecticide ? La réponse est oui. Ce maïs transgénique a le pollen plus voyageur que prévu. Et ses effets ne touchent pas seulement la pyrale, une chenille, son principal ennemi.

Cependant, dans un courrier diffusé hier soir, une majorité des scientifiques de la Haute Autorité se disent indignés par le terme « doutes sérieux » inscrit dans l'avis définitif par le président, Jean-François Le Grand. Ils avaient des « interrogations » mais n'ont jamais qualifié ces nouveaux faits de « négatifs », disent-ils.

Jusqu'où cet OGM peut-il se propager ? Quand il a été autorisé, en 1998, les experts estimaient que son pollen ne pouvait se propager qu'à quelques mètres. Des études récentes, menées notamment par Antoine Messéan, chercheur à l'Inra, publiées en 2007, révèlent que le pollen, emporté par les vents, et toujours actif, peut parcourir de grandes distances. On ne parle plus de mètres mais de kilomètres. En altitude, le pollen rencontre de meil-leures conditions de survie qu'au sol (température, humidité), expliquent les chercheurs. Conclusion de la Haute autorité : il peut y avoir « pollinisation croisée entre champs d'OGM et champs sans OGM, à l'échelle d'une petite région agricole ».

 

Un OGM toxique pour d'autres espèces ? De nouvelles étu-des confirment des effets toxiques « avérés à long terme » sur des espèces animales que ce maïs est censé épargner. Il cible la pyrale, mais il atteint également les monarques (un papillon), les lombrics (vers de terre) et toute une petite faune des sols jusqu'aux bactéries. La toxine de l'OGM a également été retrouvée dans les milieux aquatiques. Elle reste active dans l'eau pendant 20 à 40 jours selon une étude réalisée en 2007. Des analyses complémentaires sont souhaitées.

 

Des effets sur la santé humaine ? La Haute Autorité n'a eu ni le temps ni les moyens de trancher ce débat qui divise la communauté scientifique. Cet OGM est depuis de nombreuses années testé sur des rats de laboratoire. On le leur fait ingurgiter pendant 90 jours. Ces tests, dit-elle, sont insuffisants. « Des études menées sur du long terme et sur d'autres espèces que le rat sont nécessaires. »

 

Bernard LE SOLLEU.

 

(1) En attendant le vote d'une loi sur les OGM et l'instauration de la Haute autorité, il comprend 35 membres, dont des scientifiques, des écologistes, des syndicalistes agricoles, des semenciers, mais également un représentant des associations de consommateurs, un juriste, un économiste... 



Visiblement, les lobbbies ne sont pas contents de la réponse de la Haute Autorité; et Notre Seigneurie a du mal à prendre une décision, et ce n'est pas habituel chez lui qui d'ordinaire agit et parle sans réfléchir.
Y aurait-il des voix à perdre lors des Municipales et Cantonales? La FNSEA lui offrirait-elle un week-end touristique en échange?....

- Par webmasters94
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