LE MONDE | 14.06.08 | 14h32 • Mis à jour le 14.06.08 | 14h32
LONDRES CORRESPONDANT
Adam
Thompson, 29 ans, broie du noir. En 2006, avec son épouse Célia, ce technicien de la Royal Air Force a payé 96 950 livres (123 186 euros) l'acquisition d'une petite maison mitoyenne à Birkenhead,
dans la banlieue de Liverpool, dans le nord de l'Angleterre. Le couple avait contracté auprès de la Coventry Building Society un emprunt de 113 000 livres, soit 125 % du prix de vente, afin de
pouvoir se payer également des vacances et une voiture.
69 % : part des ménages britanniques
propriétaires de leur logement.
20 % : part des ménages louant des
logements sociaux.
10 % : part des ménages locataires dans
un logement privé.
11,8 MILLIONS : nombre de prêts
hypothécaires.
1 200 MILLIARDS DE LIVRES : valeur du
portefeuille de prêts.
26,1 MILLIARDS DE LIVRES : valeur
des prêts octroyés en avril 2008.
27 100 : nombre d'expropriations en
2007.
1,1 % : pourcentage des débiteurs en
retard.
173 583 LIVRES : prix moyen d'une maison
(contre 181 584 en mai 2007).
Aujourd'hui séparés, les Thompson ont mis leur bien sur le
marché pour 105 000 livres. Le duo ne peut plus payer la mensualité de 654 livres par mois, Célia ayant perdu son emploi. L'agence immobilière leur a récemment annoncé que vu l'état du marché,
pour attirer le chaland, une ristourne de 15 % à 20 % est nécessaire. En cas de vente, après les frais de cession, nos jeunes gens devront 30 000 livres à la caisse hypothécaire. "Avec mon
salaire de militaire et l'envolée du coût de la vie, il m'est impossible de rembourser pareille somme", soupire l'aviateur.
Au Royaume-Uni, le "negative equity" est de retour comme
aux pires heures de la récession du début des années 1990. D'ici à 2010, deux millions de Britanniques disposeraient d'emprunts contractés lors de l'achat de leur bien immobilier supérieurs au
prix de cession... lorsqu'il est possible de vendre.
Car à en croire une étude de Morgan Stanley, les prix
devraient baisser de 10 % en 2008 et d'autant en 2009. D'après la société Nationwide, baromètre du marché, le coût moyen d'un bien est tombé de 2,5 % en mai, contraction la plus brutale depuis le
début de ce type d'enquête, en 1991.
NATION DE PROPRIÉTAIRES
Enfin, selon un rapport publié par la société Zoopla, la
valeur du marché immobilier britannique a baissé de 288 milliards de livres depuis la déconfiture en septembre 2007 de la banque Northern Rock, victime du subprime.
La combinaison de la crise du crédit, de l'effondrement de
l'immobilier et des rumeurs de récession économique a enclenché une spirale infernale. Nombreux sont ceux qui sont incapables de faire face à des charges de remboursement devenues hors de
proportion avec leurs revenus. A écouter The Council of Mortgage Lenders, l'association des fournisseurs de crédits au logement, 45 000 familles seront contraintes cette année d'abandonner leur
maison à leur créancier, soit une hausse de 50 % par rapport à 2007.
Premier étage de la Nat West Bank d'Hammersmith. Un jeune
couple impatient de s'engager sur l'"échelle de l'immobilier" (housing ladder), une obsession dans cette nation de propriétaires, est abattu. Les taux les plus intéressants - et ils ne
sont pas nombreux - sont réservés à ceux qui peuvent se permettre d'investir cash une somme représentant au moins le quart de la transaction. Les primo-accédants doivent mettre 10 % en liquide
sur la table et disposer d'un garant. Le prêt ne peut dépasser quatre fois le salaire brut. Nos deux tourtereaux devront continuer à louer un appartement. Nat West refuse un bon tiers des
demandes d'emprunt, suivant en cela l'exemple de ses confrères. Les 1,5 million de sujets de Sa Majesté qui doivent renouveler leur prêt dans le courant de l'année ont du souci à se
faire.
King Street, la rue marchande d'Hammersmith, compte une
douzaine d'agences immobilières, témoignage de la période euphorique entre 1997 et 2007 avec des prix qui explosaient à Londres. La plupart des établissements refusent aujourd'hui de vendre les
propriétés les plus touchées par la baisse des prix, comme les petits appartements neufs.
Tout le monde est concerné. Les promoteurs immobiliers
chancellent. Les cours de Persimmon, Taylor Wimpey et surtout Barratt Developments ont chuté de manière dramatique. Selon le patronat du bâtiment, 15 000 emplois seraient menacés avant la fin de
l'année. L'énorme industrie créée dans la foulée du boom immobilier - construction, jardinage, bricolage, plomberie, électroménager, lignes téléphoniques à haut débit - est aussi au coeur du
cyclone.
Les Britanniques sont en pleine dépression. "La
tourmente touche à ce que le consommateur a de plus précieux, son logement, traditionnel réservoir de richesse. La crise mine d'autant sa confiance dans l'avenir que la Banque d'Angleterre
pourrait augmenter les taux d'intérêt en raison du bond de l'inflation", indique Howard Archer du consultant Global Insight. Ce royaume, où 50 % des prêts hypothécaires sont encore à taux
variable, supporte mal les tensions du loyer de l'argent. Le gouvernement Brown est assis sur un baril de poudre.
Marc Roche
Tout va bien en Angleterre, le chômage a fortement baissé, tout va trés bien nous serine t'on à longueur de semaines en donnant le
Royaume uni comme l'exemple à suivre ......
En France aussi tout va bien, l'inflation est "bonne" (près de 3,5% seulement, voyons ! ) les salaires et les pensions suivent évidemment constatez vous en regardant avec tristesse votre
relevé de banque à la fin du mois. Vous vous en rendez compte aussi en allant faire vos courses, en faisant le plein......
Et puis soyez contents le chômage baisse, mais la pauvretéc augmente, curieux paradoxe !
Un des plus petits PDG du CAC40 ne gagne pas tout à fait 1 petit million d'euros dans l'année et vient de se faire voter en conseil d'administration un "parachute dorée" mais
cela ne vous concerne pas (cherchez son nom, il est dans le Val de Marne.....)
De qui et de quoi vous plaignez vous ?
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