35 heures: Sarkozy corrige le tir

Publié le par webmasters94

"C'est faux!" Après avoir pour la première fois clairement avoué la veille qu'il voulait en finir avec les 35 heures en 2008, Nicolas Sarkozy a rectifié le tir mercredi pour éteindre l'incendie, affirmant qu'il ne comptait pas remettre en cause la durée légale du travail et accusant ses détracteurs d'avoir "menti".

"Oui, en 2008 je veux qu'on aille beaucoup plus loin dans la réforme des 35 heures", mais "il n'est pas dans l'intention du gouvernement de supprimer la durée légale du travail", a-t-il juré dans ses voeux aux parlementaires -surtout UMP et NC- et au Conseil de Paris à l'Elysée, au lendemain de sa conférence de presse.

"Voilà la vérité!", a-t-il lâché, se posant en victime d'un monde politique "inutilement cruel". "On peut être en désaccord avec cette politique, mais pour exprimer ce désaccord, on n'est pas obligé de mentir" ou de "caricaturer", a-t-il grondé devant les élus. Seule une poignée de socialistes avait fait le déplacement.

Cela ne l'a pas empêché de tacler à nouveau les lois Aubry du 13 juin 1998 et du 19 janvier 2000: "si ces 35 heures c'était si bien, pourquoi il n'y a aucun pays qui nous ait imité?", a-t-il moqué. "C'est la seule idée où on n'a pas besoin de déposer de brevet!"

La veille, alors qu'on lui demandait s'il souhaitait que l'année 2008 signe la fin des lois Aubry, le président avait eu ce cri du coeur: "pour dire les choses comme je les pense, oui!" La sortie avait provoqué un tollé à gauche et chez les syndicats, contraignant le gouvernement et l'entourage du président à monter au front.

Vingt-quatre heures plus tard, le président a certifié qu'il voulait simplement aller plus loin dans l'assouplissement des 35 heures pour "libérer les entreprises du carcan des règles qui freinent ou empêchent le recours aux heures supplémentaires" et "déplafonner le recours aux heures supplémentaires". "Oui à plus d'heures supplémentaires, non à ce qui en limite le nombre, et pas de remise en cause de la durée légale du travail!", a-t-il résumé.

Et pour cause: supprimer la durée légale à 35 heures réduirait à néant sa promesse de "travailler plus pour gagner plus", entrée en vigueur au 1er octobre. Cela repousserait en effet le seuil de déclenchement des heures supplémentaires défiscalisées. "Si on supprime la durée légale, il n'y a plus d'heures supplémentaires", a-t-il fait valoir. Et d'ironiser: "je ne suis pas très intelligent, mais j'ai compris ça!"

Comme il l'avait fait le 29 novembre, il a pourtant répété qu'une entreprise pourrait déroger aux 35 heures en cas d'"accord majoritaire" offrant des "améliorations" aux salariés. Mais il n'a pas expliqué ce qui se passerait pour une entreprise qui repasserait par exemple aux 39 heures: quel serait le seuil de déclenchement des heures supplémentaires défiscalisées, 35 ou 39 heures?

Soucieux de rectifier le tir sur l'autre sujet crucial du pouvoir d'achat, première préoccupation des Français, Nicolas Sarkozy s'est également défendu vivement de s'en "désintéresser". "Prétendre qu'on se désintéresse du pouvoir d'achat, c'est un mensonge!"

La veille, le "président du pouvoir d'achat" avait admis que ses marges de manoeuvre étaient très limitées. "Qu'est-ce vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Que je donne des ordres à des entreprises à qui j'ai pas à donner d'ordres?"

Les députés socialistes présents ont promptement épinglé un "rétropédalage" sur les 35 heures. C'"était une séance de rattrapage", a raillé Patrick Bloche. Marylise Lebranchu se félicitait de cette "rectification". "C'est une explication de ses propos d'hier, mais en aucun cas une rectification", a récusé Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP.

Député non-inscrit et "heureux" que la durée légale soit maintenue à 35 heures, Nicolas Dupont-Aignan moquait l'explication de texte du président: "la nuit a semblé porter conseil. Mais j'espère qu'il n'y aura pas un changement demain matin..." 


AP in nouvelobs.com


Bla bla bling bling..
Visiblement, ce qu'il a répondu sur la durée du travail n'avait pas été préparé par ses conseillers. Du coup, dans sa manie d'agir avant de réfléchir à ses actes, Notre Seigneurie pleurniche le lendemain, et accuse les autres, les méchants, de mentir. 
Un gamin inconstant et inconsistant..

Publicité

Publié dans Notre Seigneurie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
tu n'a pas eu le droit a ton V lib ? moi je me plaisais tellement dans mes 35 heures que l'on ma signifier que l'on m'en ferais grace et que je donnerais mes heures aux assedics dorénavant... le gagner plus en travaillant moins en quelque sorte...
Répondre