La gauche voit dans le plan banlieues une "mascarade"

Publié le par webmasters94

PARIS (Reuters) - Les partis de gauche ont vivement critiqué le plan pour les banlieues, qu'ils considèrent comme une "mascarade" et dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi par Fadela Amara.

 

La secrétaire d'Etat à la Ville a évoqué lors d'une visite à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, "un programme visant à créer et à accompagner en cinq ans 20.000 entreprises nouvelles dans les quartiers" et "des dispositifs précis dans ce domaine pour créer plus de 45.000 emplois en trois ans et réduire en même temps de 40% le chômage des jeunes en banlieue".

"Les partis de gauche expriment leurs doutes et leurs inquiétudes au sujet d'un énième 'plan banlieue' maintes fois annoncé, sans cesse reporté, et dont la portée semble limitée à quelques quartiers et quelques dispositifs, avec un financement dérisoire", lit-on dans un communiqué du groupe de liaison et d'échange de la gauche et des écologistes.

"Nous refusons de cautionner une telle mascarade", poursuit le communiqué.

Pour améliorer la situation des quartiers en difficulté, ils proposent de contraindre les villes à construire au moins 20% de logements sociaux, de favoriser l'emploi des jeunes dans les entreprises et de développer de nouveaux emplois de proximité, de recréer les postes d'enseignants et d'adultes supprimés dans les ZEP, de rétablir une police de proximité ou encore d'augmenter la dotation de solidarité urbaine.

"PLUS DE BELLES PAROLES, DES ACTIONS"

Alors que sa visite à Vaulx-en-Velin devait être l'occasion pour Fadela Amara de présenter son plan annoncé de longue date, c'est finalement le président Nicolas Sarkozy qui s'en chargera le 8 février.

Aurélie Filippetti, député socialiste de Moselle, a ironisé sur Radio Classique sur les multiples reports de ce plan. "Plus personne ne comprend rien", a-t-elle dit, "ce n'est pas le plan anti-glandouille mais le plan embrouille".

Claude Bartolone, ancien ministre socialiste de la Ville et député de Seine-Saint-Denis, a apporté son soutien à Fadela Amara. "Voilà une ministre qui n'est pas soutenue", a-t-il déploré sur LCI.

Le président de la République "va, sans elle, parler plus de sécurité que de problèmes sociaux", a-t-il ajouté, au lendemain de la visite du chef de l'Etat à Sartrouville (Yvelines).

"Dans les quartiers actuellement on ne veut plus de belles paroles, on veut des actions", a-t-il encore déclaré.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a salué dans un communiqué "la farouche volonté de Fadela Amara d'agir dans le domaine de la lutte contre les ghettos et les discriminations".

"L'annonce, par le président de la République, le 8 février, des mesures concrètes liées au plan 'Espoir Banlieues' crée à Nicolas Sarkozy une obligation extrêmement forte sur les moyens financiers qui seront mobilisés", ajoute-t-il.

Jean-Baptiste Vey

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